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Bélico, Comedia, Drama

HAUT LES CŒURS TOUT LE MONDE!

Film de José MOTA, Espagne, 2026

Critique de Véronique GILLE

Durée: 98 min.

Année: 2026
Pays: España
Réalisation: José Mota
Scénario: José Mota, Marta González de Vega, Claro García, Fernando Erre. Historia: José Mota, Fernando Erre
Músique: Alicia Morote
Photographie: Kiko de la Rica

Interprétation: José Mota, Karra Elejalde, Pablo Cabello, Olivia Molina, Diego Anido, Mila Borràs, Luciano Scarpa, Eugenio Barona, Aimar Vega, Rubén Faura, Claudio Filippo, Jose Luis Hijón, Daniel Castellanos, Javier Ruiz,
Genre: Comédie. Drame. Comédie dramatique

       Haut les cœurs tout le monde !  est un film tendre, certes, mais l’humour de José Mota sur fond de tragédie n’est pas toujours approprié et dans la note. On ne ressort pas ému du film car quelques métaphores sont douteuses dans un scénario qui aurait dû éviter cette faute de goût. Où n’aurais-je pas compris et accepté que le rire et la tragédie, loin de s’exclure, s’attirent mutuellement ? Le film est anodin, hors du coup, et il apparaît presque tétanisé par un sujet qui le dépasse. Mais quel est son sujet en réalité ? La confusion du scénario ôte toute clarté à la réponse. Il y a un décalage entre les nombreux thèmes – traités avec une grande superficialité – et le genre humoristique retenu.

       Michi, un petit garçon de sept ans, vit heureux avec son père, comédien itinérant et clown. À ses côtés, il entre dans l’univers de la vie saltimbanque avec ses découvertes quotidiennes, sa magie et sa liberté. Nous sommes en 1905 et tout semble possible, mais la tragédie frappe le duo et, après une ellipse de trente-quatre ans Michi, appelé désormais Miguel, est devenu un soldat amer et irritable. Retrouvera-t-il foi en la vie lorsque soudainement il est face à  cet enfant de sept ans qu’il était ? Voici en résumé l’argument du film.

      Les premières années de la Seconde Guerre mondiale sont la toile de fond et José Mota prend le parti d’aborder la période avec une légèreté pénible à supporter en rendant les faits anecdotiques alors qu’ils ne le sont pas. Tout devient relativisé et le scénario est tordu, d’où un malaise certain en regardant ce mauvais spectacle de falsification de l’histoire. En substituant aux teintes chaudes qui baignent le début du film un éclairage verdâtre où les couleurs vives disparaissent au profit d’une palette presque monochrome, la photographie donne un effet superficiel dérisoire à cette comédie qui entend opposer le rire à la cruauté.

      Le discours faussement humaniste qui leste le scénario occulte les années suivantes de la guerre et prend le risque d’implanter une idée trompeuse de la réalité de cette guerre. L’émotion ne sourd pas de ce film finalement peu drôle et en ce sens, Haut les cœurs tout le monde ! Ce n’est pas un film plaisant ni plastiquement élégant. La narration est répétitive, prévisible, voire caricaturale et la stylisation de l’univers de ces années n’est pas très inspirée. La bande sonore sirupeuse à souhait ne fait pas sangloter d’émotion et apparaît comme une maladresse éthique. Parce que le sujet en soi est suffisamment chargé pour le couvrir d’un sentimentalisme superfétatoire.

       En outre, le surplus émotionnel du mélo en recourant au personnage d’un enfant fait de José Mota un modèle d’humanisme qui prend des risques, mais où est le risque de tirer un public vers les larmes en prenant le parti d’un enfant contre des brutes épaisses ? José Mota est comme tout le monde : on défend les personnes vulnérables face  à la violence. C’est pourquoi le film apparaît seulement comme une fable consensuelle et bien-pensante à bon compte en ces temps de charité humaine. Bien sûr, c’est probablement au corps défendant du cinéaste lui-même, simplement animé de bonnes intentions, mais du début à la fin, son film sonne faux. Ce qui est possible avec la littérature ou la bande dessinée, médias non réalistes, ne l’est pas avec le cinéma qui se fonde sur des images, matière vivante. En ces temps révisionnistes, voire négationnistes, c’est périlleux, voire dangereux.  

¡Arriba tutto! – Critique version espagnole

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